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5.1.1.
Absinth und Gedichte
Absinthia Taetra (Ernest Dowson)
Grün wurde Weiß, Smaragdgrün wurde Opalblau; nichts änderte sich.
Der Mann ließ das Wasser sanft in sein Glas tropfen,
und als das Grün sich trübte, fiel ein Nebel ab von seinem Geist.
Dann trank er Opalblau.
Erinnerungen und Schrecken bedrängten ihn.
Die Vergangenheit verfolgte ihn wie ein Panther, und durch die
Schwärze der Gegenwart sah er die leuchtenden Tigeraugen der Dinge,
die da kommen sollten.
Aber er trank Opalblau.
Und jene düstere Nacht der Seele und das Tal der Erniedrigung,
durch das er taumelte, waren vergessen.
Er sah blaue Alleen unbekannter Länder, weite Aussichten und ein
sanftes liebkosendes Meer. Die Vergangenheit träufelte ihren Duft
über ihn, das Heute hielt seine Hand wie ein kleines Kind, und das
Morgen strahlte wie ein weißer Stern: nichts änderte sich.
Er trank Opalblau.
Der Mann hatte die düstere Nacht der Seele erfahren und lag auch
jetzt im Tal der Erniedrigung; und die drohende Gefahr des Tigers
der Dinge, die da kommen sollten, rötete den Himmel. Aber für einen
kleinen Augenblick hatte er vergessen.
Grün wurde Weiß, Smaragdgrün wurde Opalblau; nichts änderte sich.
Ode à l'Absinthe (Alfred de Musset)
Salut, verte liqueur, Némésis de l'orgie!
Bien souvent, en passant sur ma lèvre rougie,
Tu m'as donné l'ivresse et l'oubli de mes maux;
J'ai vu plus d'un géant pâlir sous ton étreinte!
Salut, sœur de la Mort! Apportez de l'absinthe;
Qu'on la verse à grands flots!
Il est temps à la fin que je te remercie:
Celui qui ne sait pas toute la poésie
Qu'un flacon de cristal peut porter en son flanc,
Celui-là n'a jamais près d'une table ronde,
Vu d'un œil égaré les globes et le monde
Valser en grimaçant.
Il ne soutiendra pas sans que son cœur défaille
Qu'il n'est pas sur la terre une chose qui vaille
De l'ivrogne absinthé le sommeil radieux,
Qui peut, quand il lui plaît, durant son rêve étrange,
Quittant le corps humain, sentir des ailes d'ange
L'emporter dans les cieux.
Moi, je t'aime! Aux mortels ta force est plus
funeste
Que la foudre, le feu, la mitraille, la peste,
Et je te vis souvent terrasser le soldat,
Insoucieux de tout, contentant son envie,
Quoique sachant trop bien qu'il te donne sa vie
Qu'épargna le combat.
J'aime ta forte odeur et ton flot d'un vert
sombre
Qui laisse s'élancer, au milieu de son ombre
Des feux couleur de sang tout le long du cristal,
Comme si le Seigneur, en signe de prudence,
Avait voulu mêler à ton vert d'espérance
Quelque signe fatal.
Belle comme la mer, comme ses flots cruelle,
Tu peux quand tu le veux aussi, cacher comme elle,
Sous un calme apparent tes instincts irrités,
Et ton flux fait tourner un océan de têtes,
Qui battent en riant, les soirs des jours de fêtes,
Les portes des cités.
Pour moi, qui ne veux pas atteindre la
vieillesse,
Je veux contre ta force essayer ma faiblesse,
Combattre contre toi, t'étreindre corps à corps.
Je veux voir, aujourd'hui, dans un duel terrible,
Si tu peux soutenir ton titre d'invincible:
Notre témoin sera la mort!
Mit Blumen und Frauen (Charles Cros)
Mit Blumen und mit Frauen
Mit Blumen und mit Frauen,
Mit Absinth und mit jenem Feuer,
Können wir für eine Weile Ablenkung finden,
Unsere Rolle in einem Drama spielen.
Absinth, an einem Winterabend,
Taucht die geschwärzte Seele in grünes Licht;
Und Blumen, auf der Geliebten,
Blühen duftend vor dem klaren Feuer.
Später verlieren Küsse ihren Zauber,
Der so manches Jahr gedauert hat;
Und nach gegenseitigem oftmals wiederholtem Betrug
Trennen wir uns eines Tages, ohne eine Träne zu vergießen.
Wir verbrennen Briefe und Buketts.
Und Feuer ergreift unser Gemach;
Und falls das traurige Leben errettet wird
So bleibt immer noch Absinth mit seinem Schluckauf…
Die Porträts werden von Flammen verzehrt…
Runzelige Finger zittern…
Wir sterben an langem Schlaf
Mit Blumen und mit Frauen.
Enivrez-vous! (Charles Baudelaire)
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est
l'unique question.
Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps
qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous
enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à
votre guise, mais enivrez-vous!
Et si quelquefois, sur les marches d'un palais,
sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà
diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à
l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à
tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle,
demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile,
l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ;
pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous,
enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.
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